Communication engageante et implication citoyenne

L’objectif de ce module est de rendre acteurs les citoyens de la zone d’étude dans la surveillance de la qualité de l’air, de les aider à appréhender leur exposition aux polluants et de les accompagner dans l’adoption de nouveaux comportements en faveur d’un air meilleur.

La communication engageante sera un levier essentiel. Les études sur la communication engageante montrent que l’expertise (scientifique, médicale, juridique, etc.), à elle seule, ne permet pas de convaincre un individu, notamment de changer de comportement : « l’obtention ou pas du changement d’attitude serait fonction du degré d’implication des participants. » Pour convaincre le public d’agir pour l’air, l’objectif est donc de lui donner un rôle au cœur du dispositif. C’est ce qui est prévu dans ce module, notamment avec la mise en place et la coordination d’un réseau citoyen de mesures de la pollution, grâce notamment au déploiement de micro capteurs sur le territoire de l’étude.

A partir des supports d’information développés dans le module 4 « Développement d’outils partagés d’information et de communication », des outils de coopération citoyenne seront mis en place. Les partenaires du projet inviteront les habitants à s’engager en participant à la surveillance (réseau de mesures citoyen) et à l’information (signalements des phénomènes atmosphériques), et à compléter leurs données de référence. Cette mobilisation citoyenne permettra également d’alimenter une information géoréférencée et de déclarer des phénomènes atmosphériques atypiques (ex : pollens, nuisances olfactives, fumées, etc.). Ces applications seront accessibles à tous pour le signalement, comme pour la consultation. Ces étapes visent à placer le citoyen au cœur de l’observation et de la production de données pour faciliter son information, son propre engagement, et qu’il devienne lui-même prescripteur de bonnes pratiques pour améliorer la qualité de l’air au quotidien. L’information émane de tous (experts, partenaires, habitants, …) et s’adresse à tous : « le citoyen parle au citoyen ». Enfin, pour changer les comportements de manière durable, les partenaires du projet seront accompagnés pour mobiliser et impliquer des publics diversifiés. Le travail de sensibilisation visé dans le projet, pourra être réalisé en collaboration avec des relais locaux (colletivités, associations, écoles, universités, etc).

Les trois activités qui composent ce module sont

Mise en place et coordination d'un réseau de mesure citoyen de la pollution
  • Présentation de la campagne citoyenne et recrutement des volontaires. Les partenaires feront une large publicité du projet et inviteront le public à les rejoindre en tant qu’acteur.
  • Sélection des candidats. Les utilisateurs des microcapteurs seront sélectionnés parmi les volontaires qui se seront manifestés et en fonction d’un panel répondant aux caractéristiques recherchées (âge, secteur, catégorie professionnelle, etc.)
  • Animation et accompagnement de la communauté de volontaires. Présentation des résultats de chacune des régions et mise en commun de l’ensemble des résultats obtenus sur la zone transfrontalière testée.
Développement d'applications citoyennes de signalement des phénomènes atmosphériques atypiques
Le citoyen sera sollicité également pour signaler les phénomènes atmosphériques atypiques sur des applications. Chacun pourra ainsi transmettre ses observations concernant les pollens, les nuisances olfactives, les fumées, ou autres phénomènes, et les géolocaliser sur l’application pour permettre aux autres habitants d’être informés en cas de phénomènes inhabituels. Le développement de ces applications sera réalisé et expérimenté dans le cadre de prestations sur un territoire transfrontalier couvrant les 3 versants : l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai.
L’expérience pourra être étendue par la suite à plus large échelle. Les volontaires seront recrutés par le biais des réseaux d’observations citoyennes existants et par les différents réseaux des partenaires. Pour encourager la participation et mobiliser dans la durée les observateurs citoyens, il est proposé d’animer un challenge avec la communauté pour valoriser les observations et l’implication.
Cette communication pourra être étendue sur tout le territoire interrégional France-Wallonie-Vlaanderen grâce aux sites web des opérateurs du projet, leurs réseaux sociaux ainsi que dans le cadre de relations avec les média. Un retour d’expérience sera réalisé pour évaluer les motivations des utilisateurs des applications de signalements, pour apporter les ajustements nécessaires et pour identifier en quelle mesure cette action peut être déclinée à plus large échelle.
Accompagnement de l'implication citoyenne de manière à faire changer les comportements de façon durable
Il s’agit de poursuivre la démarche vers des comportements plus vertueux pour l’air, et à inciter les citoyens à mettre en place de nouvelles pratiques (mobilité, mode de chauffage, activités intérieures et extérieures, etc.).
Sur la base d’une communication engageante et positive, l’expérimentation des observateurs sera valorisée, que ce soit l’observation de la qualité de l’air (microcapteurs et signalements) ou l’adoption de pratiques favorables (covoiturage, vélo, etc), pour inciter les autres habitants à généraliser ces pratiques.
Des études montrent que « Les jeux virtuels facilitent le processus d’apprentissage de nouveaux comportements et la persuasion par la résolution de problèmes ludiques ». Au regard de ces études et des attentes exprimées, le projet TransfAir pourra intégrer un « serious game ».
En parallèle, un accompagnement sociologique des observateurs, ainsi que des citoyens « récepteurs » (qui consultent les applications de micro capteurs ou de signalements) sera planifié.